Denis Sergent annonce dans La Croix qu'« une équipe française vient de montrer le rôle décisif d'une protéine secrétée par une bactérie intestinale dans le déclenchement de l'anorexie et de la boulimie ».
Le journaliste explique ainsi que « l'équipe de Sergueï Fetissov et Pierre Déchelotte (Inserm/Université de Rouen) vient de montrer comment les micro-organismes que nous hébergeons dans notre corps interfèrent avec le bon fonctionnement de celui-ci. [...] Ces chercheurs ont identifié une protéine qui s'est avérée la copie conforme de l'hormone de la satiété ».
Denis Sergent indique que « cette protéine au nom barbare (ClpB) est fabriquée par certains colibacilles présents naturellement dans la flore intestinale. Quand elle se retrouve dans le sang après avoir traversé le tube digestif, identifiée comme une protéine étrangère, «elle est en quelque sorte prise en charge par des anticorps du système de défense de l'organisme», explique Pierre Déchelotte, chercheur et clinicien au CHU Charles Nicolle ».
Le chercheur ajoute que « les anticorps vont aussi réagir à l'hormone de la satiété, qui elle aussi circule dans le sang et dont la structure ressemble beaucoup à celle de la protéine bactérienne, modifiant son effet satiétogène ».
Denis Sergent note que « selon la façon dont les anticorps vont se lier à cette hormone, et le temps durant lequel ils vont le faire, cela déclenchera soit une sensation de satiété (anorexie), soit l'absence de cette même sensation (boulimie, hyperphagie) ».
Le journaliste précise que « ces résultats ont été obtenus en partie chez la souris. [...] Mais ils reposent également sur l'analyse des données de 60 patients qui présentaient des troubles alimentaires plus ou moins sévères. [...] Ces patients présentaient des taux sanguins d'anticorps dirigés contre la protéine ClpB très élevés ».
Denis Sergent souligne enfin que « ces données valident la pertinence de recherches actuellement très en vogue sur «l'axe intestin-cerveau» ».

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